Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Histopole

Transhumanisme, la quête de l'humain nec plus ultra.

6 Décembre 2022 , Rédigé par Benoît Publié dans #Essais

Transhumanisme, la quête de l'humain nec plus ultra.

 

Elon Musk, le milliardaire américain féru de nouvelles technologies s'est lancé un nouveau défi. À travers, sa nouvelle start-up Neuralink, il ambitionne de poser une puce dans le cerveau humain afin de communiquer avec un ordinateur par la pensée. "C'est comme remplacer un morceau de votre cerveau par une montre connectée". Pour l'heure les essais ont porté sur des singes et des cochons ; mais selon les perspectives du patron de Space-X et Tesla, les humains pourraient très bien commencer à en faire l'expérience dans les six prochains mois. Il y a quelques décennies, cette perspective aurait pu passer pour de la science-fiction, aujourd'hui c'est une réalité relevant du transhumanisme.

 

Le transhumanisme, c'est quoi ?

 

Le transhumanisme, c'est un : « courant de pensée qui vise l’amélioration des capacités intellectuelles, physiques et psychiques de l’être humain grâce à l’usage de procédés scientifiques et techniques1 ». Cette idéologie est souvent la cible de contestations scientifiques et éthiques.

L'exemple de la puce de Neuralink représente un exemple flagrant des ambitions du transhumanisme car potentiellement capable de développer considérablement nos capacités intellectuelles en fusionnant l'informatique et le cerveau humain.

Bien entendu, l'usage serait d'abord thérapeutique, pour soigner des pathologies comme Alzheimer, mais ce qui peut soigner peut aussi améliorer. Prenons un exemple avec un élève en bonne santé qui bénéficierait de cet implant. Concrètement avec Wikipédia dans la tête, les leçons d'Histoire seraient vite expédiées, ou peut-être inexistantes... D'ailleurs, avec internet dans le cerveau, est-ce que l'école seraient encore utile ?

Peut-être pour garder les enfants oui, à moins que la puce puisse ajuster les comportements. Pour les parents, la tentation pourrait-être forte de calmer un enfant un peu trop turbulent...

Autre question : quel élève va pouvoir bénéficier du fameux implant? Celui qui est en difficulté, cela pour rétablir l'égalité des chances ? Quid des autres qui n'auront pas l'upgrade ?

Faisons une analogie : est-ce qu'on donne un dopant à un sportif du dimanche pour rivaliser avec un athlète de haut-niveau ? On peut le faire, oui, mais ce n'est pas très sport. Il en va de même avec notre élève et sa puce cérébrale. Des doutes sur la valeur de son travail se formuleraient, « il réussit grâce à son implant » pourraient dire ses camarades.

On pourrait imaginer que les enfants évoluant dans les milieux plus aisés en bénéficieront. Oui cet implant ne doit pas être bon marché. Normalement, on donne le meilleur équipement à ceux qui en ont le meilleur usage. On n'offre pas un piano Steinway & Sons à un élève qui pratique la musique depuis deux jours.

Une solution pour palier le soucis des inégalités potentielles serait de donner la puce à tout le monde... Mais ce ne serait pas la panacée non plus. À l'image de nos ordinateurs dont les gammes sont variées et les mises à jour incessantes, cela serait certainement pareil pour les implants cérébraux. Il pourrait y en avoir des bas de gammes et d'autres avec des performances plus grandes. On pourrait aussi voir sur le marché des logiciels payants ou des abonnements pour avoir accès à de l'information, du stockage mémoire, de la rapidité de traitement, du divertissement, etc...Tout cela à télécharger dans son cerveau.

Avec un tel implant va-t-on aussi continuer à se parler, à discuter ? Les échanges pourraient se faire à travers des mails ou des textos mentaux. À en juger par certains comportements où l'on préfère pianoter sur nos smartphones que de bavarder avec celui qui est en face de soi, on peut se poser la question.

Reste aussi, la question du piratage. Pourrait-on pirater l'implant d'autrui, lui extirper de l'argent, recueillir ses données ou même ses pensées personnelles ? Pourrait-on imaginer pouvoir altérer sa conscience. Le pousser à commettre des crimes, ou bien l'asservir. Les perspectives sont nombreuses et inquiétantes aussi.

 

Un stade de l'évolution humaine.

 

Le transhumanisme part d'une bonne volonté. Refonder l'humain, augmenter ses capacités, le préserver de la maladie et de la mort. La quête de l'immortalité, socle du transhumanisme n'est pas neuve. Les Grecs de l'Antiquité l'évoquaient sous un sens philosophique, par la réalisation d'exploits héroïques, ou par la création d'une œuvre d'art. La mythologie biblique parlait de la fontaine de jouvence, source de jeunesse éternelle et de bonne santé. La Chine antique et l'Inde ancienne ont pensé à l’élixir de longue vie.

L'idée de progrès fait partie de la nature humaine. De l'usage d'outils en silex et du feu dans la préhistoire, jusqu'à l'énergie atomique, la technologie a toujours accompagné l'homme... mais en dehors de lui-même. Seule la médecine fait exception à la règle, par l'usage d'implants présents dans le corps : pacemakers, broches pour soigner les fractures, implants rétiniens, et autres. Le transhumanisme souhaite aller encore plus loin, quitte à transformer radicalement ce qui fait de nous des humains. Récemment une vidéo réalisée par une intelligence artificielle extrapolait l'évolution de l'espèce humaine, le résultat y est sinistre. L'humanité étant réduite à une forme de circuit électronique. Effrayant, mais peut-être pas inexorable.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article